vendredi 11 novembre 2011
Banks attack.
vendredi 4 novembre 2011
Les 99% se réveillent.
vendredi 28 octobre 2011
Si seulement...
jeudi 29 septembre 2011
Si j'étais Grec...
Je ne veux pas être Grec. Je devrais plutôt préciser : je ne veux pas être dans la situation des Grecs d'aujourd'hui. Je vais même encore ajouter : je ne veux pas me faire attaquer de toutes parts par les requins des finances et du monde richissime qui veulent me manger tout cru. Je ne voudrais pas voir l'arrivée des prédateurs qui ont appauvri mon pays pour mieux me le voler.
C'est très facile pour l'Europe et le monde entier de venir pointer le doigt sur la mauvaise gestion du pays et la corruption latente. C'est très simple de venir accuser le peuple Grec dans son ensemble et venir lui imputer tous les maux. Bien sûr, il est évidemment beaucoup plus agréable de rejeter la faute sur le plus faible.
Mais avoir la lâcheté de venir dire que les citoyens lambdas sont responsables de la crise de l'Euro et de toutes les calamités qui tombent sur le continent est d'une facilité déconcertante que je refuse de cautionner. Car l'Europe, justement, est fautive. C'est la Communauté Européenne qui doit donc assumer sa honteuse collaboration à la ruine du pays.
Revenons rapidement sur l'Histoire contemporaine grecque. La dictature des colonels se termine en 1974, en 1980 elle réintègre l'O.T.A.N. et en 1981 elle intègre la C.E.E. La pauvreté du pays était bien connue, mais qui aurait pu aller contre l'intégration du berceau de la démocratie? Le pays était catalogué socialiste et stratégique dans la situation géopolitique des Balkans.
Dans les années de 1994 à 1999, le Hainaut (ma région) avait été aidée par la Communauté Européenne. Je me souviens très bien qu'à l'époque nous n'étions pas fiers d'être aidés au même titre que la Grèce ou le Portugal... Tiens donc, c'est bien avant l'Euro, non? Ce que je veux dire par là, c'est que nous savions tous quelle était la situation de la Grèce.
Je n'étais pas très content de la gestion de ma province à l'époque, mais que se serait-il passé si à l'époque j'avais été un citoyen Grec? Et surtout qu'est ce que j'aurais pu faire? Qu'est-ce que j'aurais pu mettre en oeuvre si mon gouvernement avait détourné tout cet argent et que j'aurais été incapable de l'en empêcher? Rien, probablement.
Car tout est là, durant plus de vingt ans, les gouvernements grecs qui se sont succédés à la tête du pays ont été corrompus par les dirigeants européens et par les différents lobbies. Qui a continué à donner de l'argent sans contrôle? Qui a fourni de l'armement? Qui a donné les jeux olympiques? Qui a laissé faire tout cela sans jamais intervenir?
Toute personne qui a voyagé en Grèce sait que les habitants avaient les yeux bien ouverts. Tout le monde savait ce qu'il se passait, c'est vrai. Qui peut me faire croire que nos dirigeants, eux, ne savaient pas? Qui ose venir me dire que personne ne voyait rien et que c'est en toute ignorance que l'Europe a laissé faire?
Si vous aviez eu 30 ans en 1990 et que vous aviez connu le régime dictatorial des colonels, est-ce que vous auriez osé sortir dans la rue? Est-ce que vous auriez risqué d'être torturé ou tué alors que l'avenir semblait radieux? Est-ce que si, au même moment, vous aviez eu l'Europe qui vous vendait de l'espoir, vous n'y auriez pas cru?
Au début du deuxième millénaire, l'Europe justement a continué à déverser des millions d'euros à fonds perdu. C'est pourtant cette même Europe qui a accepté que la Grèce entre dans la zone euro. Est-ce que c'était un choix judicieux? A qui profitait le crime? Et quels intérêts étaient en jeu pour accepter cette aberration? Est-ce que le citoyen lambda, pour en revenir à lui, pouvait donner son avis?
Si j'étais Grec en 2011, je vomirais l'Europe. Oui, sincèrement. L'Europe, l'Euro et le F.M.I. Je ferais un beau gros doigt d'honneur à tous ces états qui veulent soi-disant m'aider. Parce que ce sont ces mêmes états qui ont laissé la situation actuelle se dégrader. Ce sont eux qui ont soutenu et parrainé la décadence de mes gouvernants, sans qu'ils ne me laissent intervenir.
Si j'étais Grec, que devrais-je penser de Sarkozy qui m'impose la terreur des plans de rigueur tout en ayant des contrats d'armement dans sa mallette? Que devrais-je penser de Merkel qui voudrait me prêter de l'argent à taux usurier tout en voulant me refourguer des sous-marins? Si j'étais Grec, j'exècrerais ces personnages.
Si j'avais été ce grec lambda pendant les années 80, 90 et 2000, j'aurais été dégoûté de voir mon pays corrompu, mais l'optimisme et la soif d'un projet d'avenir m'auraient probablement porté vers une aspiration de solution. J'aurais eu l'assurance que la commission européenne aurait fait cesser ces actes de haute trahison de mes propres édiles.
Mais si j'étais Grec aujourd'hui, en septembre 2011, et qu'après toutes ces années d'aide au pillage, de sauvegarde du système de détournement et de soutien au pourrissement de mon pays, les Européens oseraient me demander de leur vendre mon pays, et bien je les enverrais chier. Point. Comment pourrait-il en être autrement?
Si j'étais Grec, je mettrais mon pays en faillite et j'enverrais toute l'Europe se faire voir... chez les Grecs.
Voici une vidéo qui illustre mon billet du jour on-news.gr
mercredi 28 septembre 2011
Soyez fiers, Européens!
J'attendais avec impatience le discours de José Barroso de ce matin. Mon côté idéaliste espérait un vrai bond vers l'avant, une remise en question ou encore un coup de poing sur la table. Mais non, rien : du vent, du consensuel, du politicard de base. La seule impression qui en ressort, c'est que l'Europe est une machine très lourde, très éloignée de ses concitoyens et totalement inefficace.
Mais c'est vrai, qu'est-ce que je pouvais attendre d'autre? Les mots du président de la Commission européenne m'ont simplement rappelé que les politiciens ne sont pas là pour prendre des décisions énergiques, mais uniquement pour être certain que les personnes qui les ont boulonnées sur un siège ne décideront pas de les déboulonner. Où est l'inspiration? Où est le leadership? Où est le visionnaire?
Oui, j'espérais une allocution puissante, un coup de pied dans la fourmilière, un regard incisif et mordant sur le comportement des États membres. J'aurais aimé qu'il fustige l'immobilisme de l'Union. J'aurais applaudi qu'il décide de mettre un petit peu d'ordre dans cette grande cour maternelle. J'aurais voulu qu'il prenne ses responsabilités.
Mais c'est vrai, il n'est pas là pour cela. Ô non, il faut s'auto-congratuler, se féliciter mutuellement, être positif, et plaire à tout le monde. Ce pantin n'a jamais réussi à faire autre chose que cela. Il paraît que la commission fonctionne bien. Et bien qu'elle le montre! Au lieu de s'envoyer des sourires et des bisous alors que tout va mal.
Pour l'Euro? Rien. A part des phrases vides du type «Il va falloir faire quelque chose». Bravo, félicitations. Vous êtes comme moi, Monsieur Barroso, vous aimez enfoncer des portes ouvertes. Par contre, dire aux États qu'il est temps d'arrêter leurs gamineries et leurs divisions, qu'ils doivent penser Europe et pas Nation cela aurait certainement été un manque de tact.
Aujourd'hui, chaque pays attend beaucoup de l'Europe mais ne veut rien lui donner. Ce sont ces luttes intestines qui tuent l'union à petit feu. Comment voulez vous que l'Européen, moi par exemple, se sente concerné par ce Parlement qui, au mieux, ne fait rien, au pire, me fait chier dans la vie de tous les jours. Et qui, en passant, coûte une fortune.
Il ne faut pas croire que je sois anti-européen, loin de là. Je suis surtout anti-immobilisme. Je ne supporte plus de savoir que les euro-députés sont assis sur le siège à gagner des milliers d'euros par mois, et qu'ils sont incapables de faire quoique ce soit pour le bien-être des européens. Vous croyez sincèrement que l'homme de la rue a d'autres préoccupations que celles de manger et d'avoir un boulot?
Cela fait trois ans que les marchés financiers pourrissent la vie de l'Europe, mais que les États préfèrent défendre leurs petits intérêts personnels à court terme plutôt que d'avoir une vision stratégique pour l'ensemble de l'Union Européenne. Allez, même pour l'Euro, ils ne sont pas capables de s'entendre. Cela aurait été difficile de le prononcer devant l'assemblée?
Monsieur Barroso, vous nous annoncez fièrement que grâce à une taxe sur les transactions financières, l'Europe va lever 50 milliards d'euros. La somme est rondelette à vue de nez, mais c'est juste peanuts, et vous le savez. Cela correspond à environ 100 euros par année par citoyen européen! Vous pensez sincèrement que les marchés vont arrêter de détruire l'économie européenne pour si peu?
Vous avez eu un petit mot pour «les plus pauvres d'entre-nous». Mais cela vous aurait écorché la bouche de parler directement de la situation des Roms? De condamner le sort affreux qui leur est réservé dans toute la communauté? Cela vous aurait fait mal de pointer le doigt sur la Hongrie qui les met au travail forcé?
Aujourd'hui, j'aurais aimé que l'Europe ait des couilles, oui des balloches, des guts et qu'elle se montre musclée. J'aurais voulu que l'Europe décide de son destin : qu'elle devienne une entité supra-nationale avec tous les pouvoirs qui en découlent, qu'elle empêche les blocus des États, qu'elle stoppe la politique des tous petits pas, qu'elle se bouge.
Moi, je vais pointer l'inefficacité de l'Europe sur un seul point : l'Euro. Cela fait trois ans que la monnaie unique est dans la tourmente. Tout ce que les élus ont réussi à faire, c'est de se diviser et de pointer les plus faibles. Nous avons eu droit à des discours, à des explications pour nous dire à quel point les Grecs sont nuls. Quelle efficacité! Quelle solidarité dans l'adversité!
Au début septembre, c'est la Suisse qui a stoppé sa chute en intervenant sur le marché des changes. Suisse qui n'est ni dans l'Euro, ni dans la communauté. Toute l'incompétence de la commission contre-balancée par un agissement énergique d'un pays de moins de huit millions d'habitants. Cela n'a pas touché votre amour-propre?
C'est cela votre fierté d'être européen?
Et on démarre une autre histoire....
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