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vendredi 1 novembre 2013

Au revoir mon p'tit Berny

J'ai lu ce texte lors des funérailles de Berny,


« À l'heure où les attaques fusent de toutes part contre le folklore estudiantin, au moment où les pauvres bleus se font humilier à tel point que notre Ségolène en appelle à notre Premier Ministre, je me dois de rappeler que notre amitié a commencé dans les bas-fonds parfois malodorants de LLN. Alors que l'infâme bleu puant et innocent que j'étais avait besoin d'un guide, tu es arrivé tel le Messie pour me parrainer.

Cette bière, symbole de ton rôle, que nous avons bue ensemble nous a mené beaucoup plus loin que la courte aventure des bleusailles. Tu m'as donné des conseils pour ma vie universitaire. Peut-être, aurais-je dû mieux les suivre... Des conseils, tu en avais des tonnes. Tes explications, tes démonstrations, tes théories, voire tes pinailles -le mot est lâché-, j'en ai beaucoup entendues depuis.

Nous sommes partis en vacances, nous avons skié ensemble. Je me souviens encore de tes éclaircissements et de tes astuces pour prendre les carres alors que tes genoux n'étaient pas axés. Ah, je me rappelle de tes lumières à propos de presque tout et surtout sur des détails qui n'étaient rien, et pourtant Ô combien important à tes yeux.

Puis un jour, j'ai passé ma licence de para. Lorsque je t'ai appelé pour te dire que tu as raison que ce sport est inexplicable, extraordinaire et époustouflant, j'ai entendu ton expression souvent usitée : « Je te l'avais dit... » Je t'ai imaginé avec ton petit mouvement d'épaules, la tête légèrement penchée et tes yeux pétillant d'avoir dit vrai. Oui, tu avais raison. D'ailleurs, c'était bien connu, tu avais toujours raison. Depuis ce jour, nous avons partagé cette passion. Nous avons ri, nous avons joué, nous nous sommes jetés de cet avion. Nous étions jeunes, nous étions ces éternels « sales gamins ».

Dans ce sport. Ton sens du détail et de la sécurité s'exacerbaient. Tu excellais dans la minutie à tel point que pour venir te chercher, la grande faucheuse a dû t'attaquer sournoisement par derrière avec quelque chose que tu ne contrôlais pas. Elle t'a emmené avec d'autres membres de notre petit monde du para. Elle t'a enlevé dans ta passion, dans notre passion.

Il y a quelques jours encore, nous parlions de tes prochaines vacances au ski et d'Adrien. Kristel, j'espère que j'aurai l'occasion d'emmener la descendance de notre cher Berny sur les... descentes enneigées. Et que je pourrai lui raconter sur le télésiège les anecdotes et les rires que nous avons partagé avec son Papa.

Fanny, Benoît, Viviane, au travers de mon amitié avec votre frère, ton fils, je vous ai connus et rencontrés. Une famille chez qui la porte est toujours ouverte. J'espère que nous rirons encore de bon cœur en pensant à lui.

Les amis qui sont ici autour, les pro et les anti baptême, 22 ans après mon arrivée au Chigé2 où vous m'aviez appris le « fifrelain » et la camaraderie, je peux le dire : j'ai eu de la chance d'avoir beaucoup plus qu'un parrain de guindaille, j'ai eu un ami.

Dans ce satané avion, cet ami est parti. Cet avion dans lequel nous étions assis, ensemble, il y a 15 jours... Berny, tu es parti.

Le proverbe dit que les amis se comptent sur les doigts de la main, à partir de maintenant, je vais voir du mal à jouer au piano. »

jeudi 20 octobre 2011

Aujourd'hui, c'est l'été.

Aujourd'hui, c'est l'été. Les journées s'allongent, mais la fin de l'année est plus proche que le début. Les journées ensoleillées s'enchaînent et pourtant, inexorablement, le mouvement vers l'automne est entamé. Les rayons puissants vont s'attaquer à la couleur des branches, les fleurs vont se faner et les feuilles vont tomber. C'est pour demain.

Hier, c'était encore le printemps. Avec les bourgeons sur les branches, les premières chaleurs qui laissent les vestes aux porte-manteaux ou la nature qui fait naître la vie au son des gazouillis d'oisillons. Sous les effets de la belle saison, j'oublierais presque que la nature s'éveillait il y a seulement quelques heures, hier.

Lorsque je me rase le matin, je vois encore ce bel adolescent boutonneux qui cherchait ses quelques poils à faire disparaître avec ses premières lames. La coupe de cheveux est passée par différents stades, et pourtant, c'est bien le même garçon qui se regarde dans le miroir. La peau lisse a cédé la place aux premières rides, et la barbe scintille de gris.

Maintenant que je profite de mon été, je ne peux m'empêcher de repenser à mon printemps, si proche et pourtant si lointain. Le peu de différence est saisissant. Néanmoins, il y a bel et bien 20 ans qui me séparent de mon moi jeune étudiant. J'ai à peine vu passer la saison de l'éveil que je suis déjà rentré dans celle du labeur.

Je me souviens encore du goût des baisers fougueux sur mes lèvres, de ces embrassades où nous nous jurions de ne jamais nous quitter. De la découverte des premiers émois, du doux toucher d'une poitrine ou de l'exploration souvent maladroite et rugueuse du sexe de l'autre. Que sont devenues ces mains qui se sont tant serrées?

Je me rappelle des relations passionnées, il n'y avait pas de nuances: Aimer ou Haïr, Vivre ou Mourir, Être ensemble pour l'éternité où s'Éteindre à jamais. Les conquêtes, les révélations, les trahisons torturaient jusqu'à la déchéance. Qu'est-il advenu de ces amants qui se sont tout donné, qui se sont Aimés à en crever?

Je sais maintenant que le whisky ne se mélange pas avec du coca, que le bon vin se laisse désirer et déguster, que la musique classique n'est pas chiante, que l'opéra se savoure, que les meilleurs livres ne sont pas de Marc Lévy. Je sais aussi que ce sont dans les nuances que se trouve le trait de génie des artistes, ou que la palette des sentiments ne se limite pas au blanc ou au noir.

Je connais la texture de ces seins qui ont été délicatement refaçonnés par le temps, je ressens les variations des baisers qui susurrent bien plus que des missives. Mais les mots Amour et Toujours ne sont plus nécessairement écrits avec des majuscules lorsqu'ils sont dans la même phrase. Les corps se donnent passionnément, sans se promettre de futur éternel.

Au printemps, les fruits à peine mûrs se dégustent sans regrets tandis que durant l'été, c'est la préparation de l'automne qui est entamée. Alors qu'il y a quelques jours, l'Amour se vivait sans réserve, il faut maintenant le réserver, le préserver. Être raisonnable est souvent beaucoup plus important que d'être enflammé, aimer pour la vie prévaut sur Aimer pour l'Éternité.

Petit à petit, les adultes se résignent à entrer dans l'automne le plus confortablement possible, eux qui savent déjà qu'ils ne passeront pas l'hiver. Mais est-ce cela Vivre avec une majuscule? Accumuler ses fruits, son vin et son blé tout en protégeant ses noisettes? Je ne mange pas de ce pain là. Quitte à ne pas connaître la fin de l'automne, je veux encore brûler sous le soleil d'été.

Je veux encore avoir ces coïts clandestins derrière les buissons, ces pelotages jouissifs car furtifs. Je veux encore vivre ces étreintes qui sont belles car immortelles. Je veux encore sentir mon cœur qui bat par Amour car il t'a reconnue. Je veux encore et toujours que le temps s'arrête pour ces âmes inséparables qui se donnent forever and ever. Je veux encore Vivre d'Aimer.

Manger les fruits à peine mûrs au milieu à la fin de l'été, croquer ses dernières réserves de jeunesse quitte à mourir de vivre. Embraser son grenier pour une embrassade. Serrer la main de sa maîtresse et être de ces amants qui se damnent pour se retrouver. Malgré l'arrivée de la pluie, et bien que ce soit la fin de l'été, je veux encore Aimer à en Crever.

Parce que l'hiver sera vite là.

Et on démarre une autre histoire....

Une page se tourne aujourd'hui avec la fin de mon blog en cet endroit. En effet, j'ai décidé de ne plus l'alimenter à cette adr...