jeudi 17 novembre 2011

Les douleurs du temps.


Je me suis à nouveau réveillé en sursaut. Mes rêves m'emmenaient dans tes bras, et lors du retour à la réalité, ce n'était que douleur, déception et tristesse de ne pas te retrouver dans mon lit. Tu n'y seras plus jamais, et pourtant, mon inconscient m'offre encore des images de notre bonheur du fond de mes souvenirs.

Je me rappelle chacun de tes gestes, de tes sourires, de tes abandons au plaisir lors de nos étreintes. Je me souviens de chaque endroit où nous avons fait l'amour, de l'intensité de nos unions et de l'entente de nos cœurs qui ont toujours battu à l'unisson. Et la douleur de t'avoir perdu me rappelle à quel point je t'aime encore.

Le monde entier veut faire croire que le temps panse les blessures, mais mes cicatrices sont purulentes et ne pourront jamais se refermer. C'est une brûlure qui détruit mon âme et me rend amer. Je n'ai jamais pu te montrer à quel point je t'aimais, et je regrette péniblement tous ces mots que j'ai gardé au fond de moi.

Le temps n'apaise en rien. Celui-ci n'est qu'une mesure qui nous permet de voir défiler les années qui séparent la naissance de la mort. Une échelle qui permet de savoir où nous en sommes dans l'avancement de notre vie. Une norme qui définit le sablier de notre existence. Un moyen de nous rappeler nos erreurs, et de nous montrer que nous ne pourrons jamais les corriger. Une dague qui s'enfonce dans nos blessures en nous rappelant les douleurs infligées par le temps.

Je ne sais pas si tu penses encore à moi, et je ne veux pas le savoir. J'aimerais simplement pouvoir me dire que tu es heureuse loin de mes bras, et que tu as trouvé tout l'Amour que tu mérites, que ton cœur si grand a trouvé ce beau Prince que tu attendais depuis tellement longtemps. Prince que je n'ai pas pu être pour toi.

Je pense qu'au fond de moi, je savais que tu partirais, et que c'est la raison pour laquelle que je n'ai jamais voulu m'ouvrir à toi. Et tu m'as quitté. Sur la pointe des pieds, tu es sortie de ma vie de la même manière que tu y entrée : avec discrétion et finesse. Tout en enfouissant dans mon âme la marque impérissable d'un Amour profond et sincère.

Jamais, Ô grand jamais, je n'aurais pensé un seul jour que tous les sentiments que j'ai eu pour toi dureraient aussi longtemps, que je serais torturé pendant des mois, des années, des décennies, pour le reste de ma vie. L'amour est aveugle, dit-on souvent, mais cette fois, j'ai été aveugle devant l'Amour. Je n'ai pas voulu voir la chance que j'ai eue de te rencontrer, et pourtant, chaque jour, mes yeux s'ouvrent un peu plus sur la vérité du passé.

Lorsque je vois à quel point mon attachement pour toi ne s'est pas effiloché et l'intense déchirement qui en découle, le terrible tourment de souffrance qui m'envahit souvent, je ne peux que réfléchir à l'ironie de la situation, car je sais pertinemment que j'ai brisé de nombreuses idylles... Et avec toi, je me suis détruit en n'osant pas faire le pas que tu attendais tellement de moi: te parler de mon Amour pour toi.

Aujourd'hui, je suis en train de t'écrire une lettre que tu ne liras pas. Des mots inutiles, des phrases vaines qui n'ont de seul but que d'apaiser un peu le chagrin qui me ronge. C'est avec beaucoup d'amertume qu'il faut que je plonge dans la dérision, et me rendre compte que le séducteur que je suis, moi qui ai toujours eu du mal à donner l'exclusivité dans une relation : je n'ai jamais pu aimer aussi fort que je ne t'Aime, toi.

Une éternité après nos conversations, j'entends encore au fond de ta voix, l'attente d'un geste, d'une confirmation, d'une ébauche de réponse à la passion qui nous unissait. Lorsque tu m'en parlais, je balbutiais, je bégayais, je mentais. Jamais ces mots n'ont pu sortir de ma bouche, et pourtant, ils se bousculaient au fond de mon palais.

En ne te disant rien, je voulais te protéger. Mais à force de ne rien dire, de me cacher derrière le mur du silence, je t'ai laissée t'en aller, t'envoler vers d'autres horizons. Comme une délivrance, je t'ai vu déployer tes ailes et voguer vers ce que tu recherchais : la stabilité, la raison, la construction. Peut être que si à cet instant, je t'avais pris la main, tu serais restée.

Peut être que si à ce moment, je t'avais crié ce que j'avais au fond de mes tripes, tu aurais compris à quel point tu avais un amoureux auprès de toi. Si j'avais juste ouvert les yeux pour que tu puisses y plonger ton regard, tu aurais pu voir au fond de mon âme que tu es la plus belle femme au monde. Si à cet instant précis, tu t'étais retournée, tu aurais vu les larmes qui coulaient sur mes joues.

Mais je t'ai laissé partir, j'ai ouvert ma paume dans laquelle tu avais précieusement placé ton coeur, en me demandant de le protéger, de le faire battre quand il en avait besoin, de l'écouter chanter quand j'étais malheureux. Tu l'as repris avec toi, et ce jour, le mien s'est arrêté. Ce jour là, je me suis éteint, en silence. Depuis, je me retrouve avec mes balafres et mes lésions.

Aujourd'hui, je survis dans les douleurs du temps.

2 commentaires:

  1. On n'oublie pas, on s'habitue, c'estout (comme disait Brel ! ).

    Ça m'a remis en mémoire ce texte beaucoup plus ancine dans ma vie de blogueur :
    http://filaplomb.cowblog.fr/elle-ecrit-sur-l-amour-872960.html
    :-)

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  2. j'aurais bien espéré qu'on s'habitue à tout... Mais bon, il faut vivre aussi!

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