mardi 20 septembre 2011

Anti Zyklon sur la Belgique

Je fais partie du cercle assez fermé des lecteurs qui sont parvenus lire «Les Bienveillantes» jusqu'au bout. Ce livre est l’œuvre de Jonathan Littel et a obtenu le Grand Prix du Roman de l'Académie Française ainsi que le prix Goncourt en 2006. C'est un pavé de neuf cent page édité chez Gallimard. Ce n'est pas dans la longueur du livre que réside la difficulté de lecture.

J'ai rarement été autant frappé par le dégoût et l'envie de vomir en lisant. Il m'était impossible de lire plus de cinq à dix pages à la fois, tellement les scènes décrites étaient horribles. J'avais l'impression de participer aux massacres de la seconde guerre mondiale. Ce conflit est le sujet du livre, vu au travers les yeux d'un officier nazi homosexuel.

La description des méthodes utilisées par les Allemands est minutieuse. La stratégie des nazis est dépeinte avec des mots simples, mais l'impact en est encore plus fort, plus puissant. Si cela n'était pas réellement arrivé, le rédacteur de ce texte aurait pu être traité de pervers. Le ton juste et humain qu'il a utilisé nous entraîne dans un tourbillon de haut-le-cœur.

Si je devais choisir les scènes les plus horribles de ce livre, ce sont les passages sur les rafles de juifs en Ukraine, où «innocemment», ils étaient rassemblés via des appels placardés, et ensuite, emmenés en file indienne pour recevoir une balle avant de tomber dans une fosse commune. Mais parfois ils y basculaient sans être mort, et le héros est descendu parmi eux pour les achever.

Je me souviens aussi de l'emploi de camions pour gazer les ennemis. Ceux-ci étaient poussés à l'intérieur, et ensuite le tuyau d'échappement était connecté afin de les étouffer. Malheureusement, ce système n'était pas très pratique, car le nettoyage était ardu. En effet, les victimes se déféquaient dessus et c'était inhumain à récurer pour le soldat nazi.

Si je vous parle de tout ceci, c'est parce que des flamingants ont demandé l'utilisation du Zyklon B contre les francophones. Cela peut paraître anodin ou être juste un slogan parmi tant d'autres. Mais je ne peux pas me taire contre cela, il faut dénoncer, il faut hurler, il faut expliquer que nous allons dans la mauvaise direction.

L'Europe a été créée pour maintenir la paix sur le continent, et elle y arrive. Pour le moment. Nous traversons la plus grande crise depuis l'entre-deux guerres. Le nationalisme et le néo-fascisme pointent leurs horribles nez sur tout le continent. Que se passera-t-il lorsque les européens trouveront les coupables en commun?

Nous avons de la chance que la société anonyme ne réussit pas à pointer le doigt sur un ennemi, un fautif humain qui serait la cause de tous les maux. Du moins, il n'y en a pas un désigné unanimement par tous les européens. Chez certains, ce sont les migrants, chez d'autres, ce sont les pauvres. En économie, il est déjà trouvé. L'humanité simpliste est d'accord : ce sont les Grecs.

Il faut combattre cela, de toutes nos forces. Les idées nauséabondes commencent à trouver leur terreau fertile dans notre population. Les expulsions de roms se multiplient, les non-européens sont traités comme des moins que rien. Les appels à la haine sont nombreux. Les extrémistes flamingants demandent l'usage du Zyklon B contre les francophones et autres parasites.

Ce Zyklon B était un insecticide pas très efficace, car il se dispersait avec le vent. Par contre, en intérieur, il était redoutable. Il était tellement dangereux pour l'être humain que le fabricant avait ajouté un produit irritant afin que celui qui le manipule puisse se rendre compte qu'il était en danger en cas de fuite, et qu'il prenne des mesures.

Les juifs et les êtres humains massacrés par les nazis mouraient dans d'atroces souffrances provoquées surtout par l'aspect caustique. Bien que cet appel au gazage généralisé soit lancé par des néo-nazis, cela n'est pas banal, et donc ne peut être banalisé. Chaque jour, une barrière tombe et la protection contre l'extrémisme s'amincit. Il faut garantir ce mur protecteur et travailler à son maintien de toutes nos forces.

Pour la petite histoire dans la grande, un officier nazi a compris à quoi servait les quantités astronomiques commandées. Et il a demandé au fabricant du Zyklon B s'il y avait la possibilité de retirer le complément corrosif de son produit. Au vu des circonstances et suite à cette démarche, le directeur du laboratoire a très bien compris à quoi servait sa marchandise.

Vous croyez que ça l'a empêché de continuer à l'élaborer et à la vendre?

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