samedi 10 septembre 2011

Alea jacta est.

Le jeudi 22 avril 2010 Vincent Van Quickenborne, proche d'Alexander De Croo twittait le fameux «Alea Jacta Est». L'open VLD quitte la coalition et la Belgique entre dans la plus longue crise de sa très courte histoire. Nous sommes presque un an et demi plus tard, et je pense que cette fois ce sont les francophones qui peuvent retwitter à leur tour «Alea Jacta Est».

Avec beaucoup de perspicacité, le jeune Alexander avait bien dit que si aucune solution n'était trouvée pour BHV, l'opinion politique flamande allait se radicaliser. Il avait juste oublié un grand détail, c'est que la francophone aussi. A ce jour, les lions n'ont réussi qu'à rugir de plus en plus fort, mais ils sont mis en cage par la Loi : ils ne font pas peur aux coqs.

Aujourd'hui, ce sont les nordistes qui sont groggy. Sans vouloir crier victoire, je parle presque de KO debout. Elio démontre depuis des semaines de dur labeur que nous sommes prêt à sauver la Belgique, si cela est encore possible. Et au nord, l'arrogance de la victoire prévaut. «Néén». Aucune concession n'est possible : «Split BHV nu! België barst!».

Et tandis que personne au sud ne veut voir la fin du royaume, et que la majorité des francophones pensent encore que «les flamands ont voté pour la NVA, mais ils ne sont pas vraiment séparatistes», des solutions sont envisagées. Mais toujours la même rengaine : «Néén». Et là, coup de tonnerre, la NVA serait suivie par 39% des électeurs flamands.

Donc, après 450 jours de crise, alors que les francophones seraient prêts à baisser leur froc pour sauver le pays, les nationalistes sont quand même suivis pas 39% de la population. En rajoutant les voix de la LDD et du VB, plus d'un flamand sur deux est pour la fin de la Belgique. Essayez de venir nous expliquer que ce n'est pas le cas.

Mr De Wever a un programme unique : l'évaporation de la Belgique. Il l'a encore répété lors des fêtes de la communauté flamande : «une nation dans un territoire». C'est très clair. Message reçu 5 sur 5. Over. Mais dans ce cas les copains, pourquoi il faudrait continuer les négociations? Vu que de toutes façons, vous voulez démocratiquement la fin de la Belgique. Parfait.

La résistance a commencé. Le CdH est trop près du CD&V à Anderlecht ? Pas de problème, les élus passent au FDF. Au passage, j'aimerais quand même que le parti orange explique comment il peut oser tenter un rapprochement avec les flamands qui sont si intransigeants sur leurs refus dans les négociations.

Un mot sur la scission des allocations familiales? Et hop, le split de BHV est lié à l'élargissement de Bruxelles. L'avenue du port trop flamande, et les scellés sont placés (ouf, c'était chaud). Vous amadouez le PS, le MR répond présent. Comme je vous l'ai déjà écrit dans un billet précédent, négociateurs flamands, réfléchissez bien avant de dire non.

Cette fois, c'est nous qui menons la danse. Et cela fait du bien. Parce que la question que vous devez vous poser maintenant c'est de savoir ce que vous pourriez obtenir sans négocier. Qu'est ce qui pourrait bien vous revenir en cas de divorce? Est-ce que vos demandes sont légitimes? Qu'est ce qui arrivera lorsque la seule solution sera l'évaporation de la Belgique?

J'espère que vous n'êtes pas assez cinglés que pour prendre les armes, et donc cela passera par du droit international. Comment irez vous plaider pour vos communautés alors qu'elles sont linguistiques? Ouvrez les yeux et regardez les balkans : la Serbie qui revendiquait, comme vous, un territoire pur se retrouve avec une peau de chagrin. Toutes les «minorités» francophones vont se regrouper et l'Europe leur donnera raison.

Vous voulez régionaliser les impôts? Les droit Européen dit déjà que le contribuable est redevable dans le pays où il travaille. J'aime imaginer la manne financière qui va arriver à Bruxelles. Je pense que vous commencez à comprendre que votre «combat» touche à sa fin. Je ne crois pas qu'à un seul moment vous n'aviez imaginé une telle résistance idéologique de la part du Sud. J'ose même soupçonner que vous étiez persuadés qu'en asphyxiant le Sud, vous pourriez payer pour vos fantasmes. Mauvais calcul.

Avec tous les socialistes qu'il y a chez nous, vous auriez quand même dû savoir que nous sommes capables de défendre nos droits. C'est même dans nos gênes. Lorsqu'il faut se lever d'un seul trait et faire blocage, nous avons une force incommensurable qui vient du plus profond de nos mines, de nos industries, de nos campagnes. Résister, c'est notre force.

Alea jacta est.

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