mardi 17 juillet 2012

À l'abordage!


« J'en ai marre du monde politique ! » « C'est tous des corrompus ! » « Tous les mêmes ! ». Cette phrase, je l'ai entendue des milliers de fois. Ou encore « Cela ne sert à rien de voter, de toutes façons, ça ne va rien changer. » Évidemment, il est facile de rester devant sa petite lucarne et pester dans son coin un verre dans la main.

Il y a d'autres expressions qui reviennent également de plus en plus : « On veut plus de démocratie ! », « Il faut écouter le peuple ». Parfois, certaines personnes murmurent « J'ai envie de faire quelque chose, mais je ne veux pas m'engager en politique ». Des plus téméraires osent même des « Je veux bien faire bouger les choses, mais comment ? »

Comment ? Et bien en prenant nos responsabilités. En redonnant la parole aux citoyens. En changeant la méthode de travail. En informant, en partageant, en dénonçant, mais encore en votant. Il ne faut surtout pas tomber dans le piège de l'abstention et du découragement. Le monde politique a besoin de flibustiers, et bien il faut lui en donner !

Il y a quelques mois, à part les geeks, personne n'avait entendu parler d'ACTA. Ce fameux accord rédigé dans le plus grand secret qui aurait pu passer tranquillement le cap du vote des parlementaires européen a été massivement rejeté par les élus. Une image médiatisée a fait le tour de monde : « Hello democracy goodbye acta ».

Du côté francophone, c'est essentiellement, la quadrature du net qui relayait les informations contre ce combat. Mais la guerre s'est menée dans toute l'Europe, à tous les échelons. Tiens, ce n'était pas relayé par les partis politiques, tiens, ce n'était pas présent dans les médias, tiens tiens tiens... La démocratie a quand même gagné !

C'est bien la preuve que les citoyens peuvent faire pression sur des décisions politiques majeures. Cette bataille a illustré le fait qu'une mobilisation est possible et surtout efficace. Cette démonstration de force face au silence assourdissant d'une partie du monde politique prouve qu'il y a bien des vigiles pour défendre la liberté, notre libertés, toutes nos libertés.

Au sujet d'ACTA, il faut mentionner LE parti politique et ses deux élus européens qui en avaient fait leur cheval de bataille : le Parti Pirate¹. Ce parti se répand comme une traînée de poudre depuis la Suède. Il faut se rendre compte de la puissance de feu qui peut se mettre en place. C'est un parti mondial, j'ai bien dit mondial. Aux quatre coins de la planète, des pirates se regroupent en équipages.

Au départ, c'était pour soutenir les plate-formes de téléchargement. Mais aujourd'hui, c'est pour défendre la liberté et la non-censure de l'internet ainsi que la défense de notre vie privée. Mais ce n'est que la partie immergée de l'iceberg. Le plus intéressant est la méthode de travail. Chaque pirate qui rejoint une équipe a le même poids, le même droit à la parole que les autres.

Grâce à cela toutes les idées, qu'elles paraissent farfelues, qu'elles soient avant-gardistes ou tout simplement ordinaires sont écoutées, débattues, puis remontées. Des électeurs vers les élus. Connaissez vous des partis « traditionnels » qui débattent au minimum une fois par mois avec les citoyens autour d'une table ? Le Parti Pirate¹ le fait !

Vous vous souvenez de l'Islande et de la faillite de ses banques suivies par une nouvelle constitution issue du peuple ? Et bien, ça, c'est un exemple que l'on doit suivre. Des chemins vers une nouvelle démocratie participative s'ouvrent. Les routes sont encore sinueuses ou sauvages, mais les pirates sont là.

Et ils sont près de chez vous. Partout, des équipages se montent, des hommes et des femmes qui veulent une politique différente se rencontrent pour mettre des stratégies au point. Ce sont des personnes ordinaires, des êtres humains qui se rendent compte de la force de la masse soi-disant silencieuse. Ils s'érigent en bastion contre la restriction de nos libertés et s'élancent en pionniers vers une démocratie citoyenne.

Alors, moussaillons, corsaires, boucaniers, il est temps de larguer les amarres et de hisser les voiles. Que chaque équipage vienne se mettre en ordre de navigation pour traverser les flots. Le vent de la liberté souffle et le moment est propice. Pirates de tous les pays, de toutes les régions, de toutes les communes du monde :

À l'abordage !!!!!!!!!

 1 À partir du site du Parti Pirate de Belgique, vous aurez accès à tous les pirates sur le territoire national. À travers le monde, 62 pays se sont déjà joints au mouvement.

jeudi 5 janvier 2012

Lettre ouverte à Mr Verhofstadt.


Monsieur Verhofstadt,

Hier, vous avez plaidé pour des sanctions envers la Hongrie afin de contrer les « réformes réactionnaires » adoptées par le gouvernement de Viktor Orbán.

Je vous cite : « Malheureusement, le moment est venu d'appliquer (l'article 7, ndlr) afin de protéger la démocratie et les droits fondamentaux en Hongrie et dans l'UE, et éviter de créer un précédent dangereux et de donner un mauvais exemple aux pays souhaitant rejoindre l'Union »¹

Avec quelle légitimité osez-vous venir vous mêler de la vie politique Hongroise? Pour quel défendeur de la Justice, de la Veuve et de l'Orphelin vous prenez vous? Quel genre d'Homme Politique croyez vous être ? Alors que dans votre propre Pays, dans votre propre Communauté ou Région (c'est selon), dans votre propre famille politique les principes fondateurs de l'Union Européenne sont bafoués?

Avant même oser ouvrir la bouche ou prendre votre stylo pour condamner d'autres nations souveraines, je vous demande de bien vouloir balayer devant votre porte. Et, à la limite, si vous voulez dénoncer des pratiques que vous jugez anti-européennes, ayez l'honnêteté intellectuelle de bien vouloir commencer par celles qui se déroulent dans votre Pays, dans votre commune, dans votre rue.

Lorsque vous commencerez par condamner et demander des sanctions contre :
  1. L'entrave à la liberté de circulation des personnes mise en place par votre Pays.
  2. La discrimination des minorités mis en place par votre Pays.
  3. Les appels à la délation mis en place par votre Pays.
  4. Le refus de procès équitable mis en place par votre Pays.
  5. Les centres de détentions des étrangers y compris des enfants mis en place par votre Pays.
Peut-être, j'ai bien dit peut-être, vous aurez un peu plus de crédibilité.

En attendant, je vous demande de vous occuper des habitants de votre propre Pays qui auraient bien besoin que l'Europe ouvre les yeux sur la situation déplorable dans laquelle ils se trouvent. J'aimerais que vous utilisiez votre Foi, votre goût de Justice et d'Intégration Européenne afin d'obliger votre Pays à respecter tous ses engagements envers l'Union et ses Citoyens.

En espérant que vous vous rendrez compte de l'aberration de vos propos lorsqu'on les compare à votre silence coupable lorsqu'il s'agit des blocages volontaires de votre Pays, y compris ceux que vous avez soutenus lorsque vous étiez Premier Ministre, je vous prie d'agréer mes salutations impartiales.

Nicolas Boucher

 PS L'auteur, à moitié hongrois, ne partage pas la vision politique du Fidesz et de Victor Orbán, mais c'est un autre débat.

mercredi 14 décembre 2011

Requiem pour une Société.


Qu'avons nous fait? Comment a-t-on pu en arriver là? Comment notre société peut-elle laisser tomber ses individus, ses frères, soeurs ou cousins? Comment est-il possible qu'un homme en vienne à vouloir massacrer ses semblables avant de se donner la mort? Pourquoi est-ce que cela peut arriver dans une ville festive comme Liège?

Voilà une partie des questions qui me viennent ce matin. Que cela arrive dans un pays comme les USA ne me «choque» plus autant. En effet, Michael Moore dans son film «Bowling for Columbine» m'a donné beaucoup de clés pour «comprendre». Mais chez nous, en Belgique, chez moi, chez toi, chez Noredine? Comment est-ce possible?

Dans notre petit pays paisible, où nous buvons des bières à profusion en se chamaillant sur les propos de Wafelman et sur le flamand d'un italien devenu premier ministre, dans nos contrées où les étudiants se battent pour le folklore du baptême, dans notre havre de paix où le tutoiement est de rigueur: qu'est ce qui nous a fait basculer dans ces cauchemars?

Car il y en a eu plusieurs. Ce n'est pas seulement le massacre du 13 décembre 2011qui me révolte, mais également celui du 23 janvier 2009, à Termonde. C'est chez nous, pas à l'autre bout de la planète dans un des pays rongés par l'égoïsme, la guerre ou le terrorisme. Non, c'est chez moi, chez toi, chez Noredine, chez Kim.

Je refuse de croire que ce sont des malades mentaux qui doivent être condamnés le plus sévèrement possible, je conteste le fait que ce soit à cause d'une justice laxiste envers les récidivistes qui les a laissés perpétrer leurs actes horribles. Je me demande surtout qu'est-ce qui peut pousser un homme à se lever un matin pour accomplir un acte d'une barbarie d'un autre âge.

Comment quelqu'un peut-il haïr une société au point de tuer des bébés, des femmes, des hommes, des passants? Qu'a fait ou justement n'a pas fait cette société? Qui n'a pas réussi à tendre une main salvatrice à ces être humains qui ont choisi de basculer dans l'assassinat? Quelle profonde douleur n'a pas pu être apaisée?

Aujourd'hui, j'ai mal à ma Belgique. Pas la politique qui, somme toute, est bien futile. Non, à celle qui est humaine, profondément humaine. Celle qui nous caractérise en tant que Belges. Les larmes me montent aux yeux en pensant à toutes ces familles qui ont été privées d'un membre. Mon coeur saigne pour toutes les victimes, y compris les meurtriers.

Car ils sont victimes aussi. Ils ne sont pas innocents, leurs actes sont indignes, innommables, mais Ô combien humains. Leurs tourments ont été tellement forts qu'ils ont poussé leur être à passer à l'acte. Leur désespoir, leur colère ou je ne sais quel autre ressentiment envers Nous a été le déclencheur de ces exécutions irréversibles et consternantes.

C'est accablant de voir ces gestes, leur qualification au travers de mots est presque impossible. Mais les réactions, humaines, le sont tout autant. Le racisme, la haine envers la haine, les condamnations sans remise en question sont encore plus déprimantes. Ce sont des êtres humains qui sont morts, tués par d'autres êtres humains. Au hasard, froidement, implacablement.

Est-ce une raison pour prôner la vengeance, la loi du Talion ou stigmatiser toute une population? Certainement pas. C'est plutôt le moment de se poser et réfléchir. De montrer notre Solidarité et notre Compassion envers toutes les familles en empêchant que cela arrive de nouveau. Il faut que cela serve de leçon à toute la Société, et qu'elle en tire les conclusions. Mais le veut-elle?

Nous allons dans une impasse. À force de nous américaniser nous prenons les mêmes défauts. C'est cela que nous voulons? Préférerons nous construire des écoles ou des prisons? Choisissons nous d'être solidaires ou solitaires? Ferons nous une marche blanche ou une commission pour nous donner bonne conscience? Ou préférerons nous tout simplement prier un Dieu?

Ce qui me fait peur, qui me fait trembler, c'est que la voie choisie est plutôt celle de la pendaison sans jugement, sans compréhension. Le venin de l'animosité a empoisonné le sang de mon pays, du tien, de celui de Noredine, de Kim et de tous les futurs détraqués que nous aurons nous-même créés. Bientôt, nous aussi, nous enverrons des enfants préadolescents en prison.

En écoutant Mozart, je pleure. Requiem d'une société pacifique, unie, soudée qui fait place à l'égoïsme du profit.

À lire également:
Quand le racisme se nourrit de l'émotion, de Mateusz
Un meurtrier, d'Anne Löwenthal
Mode d'emploi du petit raciste accompli, de Marie Véja

vendredi 2 décembre 2011

La manifestation de Brandon.


C'est un Brandon triomphal que j'ai eu ce matin au téléphone. Il était épuisé, mais heureux. Hier, la manifestation contre l'austérité a été un franc succès. Les médias corrompus par les banksters parlent de 50.000 personnes, mais il est persuadé qu'ils étaient au moins un million. Le peuple a prouvé que la solidarité est nécessaire.

Comme à son habitude, c'est au Germinal qu'il a commencé sa semaine de militant. Car cette fois, c'est la nation qui avait besoin de son savoir-faire. Dès dimanche soir, les meetings et réunions s'étaient enchaînées. Après de longues négociations et quelques bières bien méritées, le planning de la semaine était bouclé.

Lundi, conférence sur l'Histoire du Socialisme à l'amicale des cheminots avec le Doc. Mardi, brainstorming sur les slogans percutants. Mercredi, "tous rouches" au café des sports. Jeudi, festival de la Chanson Militante avec l'Unisson des Refrains Symphoniques Solidaires. Vendredi, soirée de préparation au finish (carapils à volonté).

Grâce aux camarades syndiqués de la S.N.C.B., Brandon et ses camarades ont opté pour le train. Au départ, ils avaient prévu de s'entasser dans son camping car, mais ils n'avaient pas réussi à nommer un Bob. Heureusement, Ayrton eut la présence d'esprit de rappeler qu'en ce jour de grève nationale, les trains roulaient.

Et oui, c'est aussi cela, l'amitié qui lie les différentes factions grévistes. Et c'est donc emmitouflés dans leurs vestes rouges qu'ils sont montés dans le train vers Bruxelles. À peine dans le wagon, Brandon se leva et entonna l'Internationale de sa voix rauque mais sensible. Ses compagnons de combat le suivirent et l'émotion fit couler sa désormais légendaire larme sur sa joue gauche.

Il était 6h54 et les doux «pshiiiiiiiiiit» des cannettes rythmaient le voyage vers la Capitale. Tout était en ordre, le gueulophone, les banderoles et surtout leur slogan était prêt. «Non Non Non Non Non». Simple, efficace et très facilement prononçable en cas de biturite aigüe. C'est d'ailleurs dans cet état qu'ils ont eu leur éclat de génie mercredi matin vers 4h08.

L'ambiance commençait tout doucement à monter, les carapils coulaient à flot. À chaque arrêt de train, des camarades venaient les rejoindre pour démontrer au Grand Capital que les 99% existent. Petit à petit, des photos commençaient à être prises, et Brandon se rappela des consignes de la section locale du Parti: "Alcool discret".

En effet, ce serait dommage que l'opinion publique pense que c'est un défilé carnavaleresque composé de chômeurs chroniques venus défendre leur pouvoir d'achat de bières. Mais Brandon avait tout prévu. Il avait laissé fermenter une infusion à base de ravini, de porto et de gueuze framboise toute la semaine.

Il s'enferma dans les toilettes, sortit son cocktail et une boîte qu'il avait chipée à Jess. Le bocal était à peine ouvert que l'alcool lui attaqua les narines. Il trempa le morceau de coton dans le récipient et attendit quelques instants. Au bout du fil pendait son nouvel éthylo-booster. Il n'était pas certain que cela fonctionnerait, mais il devait le tester.

C'est ainsi que pour la première fois de sa jeune vie, il s'introduisit un tampon imbibé d'alcool dans l'anus. Des bons souvenirs de Siegfried¹ et des policiers niçois² vinrent titiller sa libido. Il se rendit compte que cela lui donnait une érection et que marcher lui procurait beaucoup de plaisir. La journée allait être magnifique.

L'euphorie le gagnait, et il évoqua avec nostalgie les grands mouvements sociaux. Il se rappelait aussi que Mathot et Van Cau étaient les leaders de la Grande Époque. Lorsqu'il se souvint que ce sont maintenant leurs fils qui ont pris la relève, une deuxième larme est venue mourir sur sa joue gauche, en solidarité avec la première.

C'était le retour du socialisme de Papa, et il était fier et heureux de soutenir tout cela. Lorsqu'il se retrouva au milieu de la foule il se sentit porté par la mutinerie et c'est au son des «Non Non Non Non Non» qu'il levait son poing démonstratif. Il était tellement excité qu'il décida de s'éclipser et de s'enfiler la totalité des tampons dans le rectum.

Sa jouissance fut brève mais intense. Il se souvint qu'il avait envie de rouler des pelles à tout va et que toutes les filles étaient jolies. Il se réveilla, une fois de plus, entouré de policiers hilares. Il comprit à leur accent qu'il était de l'autre côté de la frontière linguistique. Il était à Zaventem, et ils allaient utiliser le dispositif mis en place pour les mules.

Brandon chanta l'Internationale avant d'ingurgiter le puissant laxatif.


¹Voir le secret de Brandon
²Voir les vacances de Brandon 

Retrouvez toutes les aventures de ce anti-héros sur sa page Brandon, le Wallon. 

samedi 19 novembre 2011

Le voyage de Brandon


C'est un Brandon réellement fatigué que j'ai eu ce matin au téléphone. Car cette semaine, il a eu l'occasion de partir en voyage en France. En effet, chaque année, avec les A.A. de Warquignies, ils partent faire un pèlerinage du côté de Lyon, à Beaujeau plus précisément. Depuis maintenant 38 ans, la tradition est respectée.

Et quand on parle de folklore ou de transmission, Brandon qui rêve de devenir prof d'histoire, est toujours le premier participant. Cette année, c'était lui qui était en charge de la sortie des A.A. Heureusement, l'organisation, ça le connaît. Lui qui jongle entre son ex et sa sœur, sa maîtresse et quelques extras, les plannings, il gère.

Pour 25 euros par personne, il y a l'aller-retour en autocar semi luxe 2 étoiles avec toilettes portables, radio-cassette. Ventes de carapils à 20 centimes d'euro durant le trajet. Sac à vomissure spécialement conçu pour les reflux liquides gracieusement fournis par le chauffeur. Départ le mercredi 18h, retour plus ou moins le vendredi aux alentours de 20h.

Grâce aux subsides de la commune, de la fondation Fabiola pour déficients mentaux et à l'office de tourisme de la ville de Beaujeau, le tarif exceptionnel leur permet également de bénéficier de trois visites de caves, le jeudi matin et après-midi, et le vendredi matin. Les participants ont le droit également à un verre collector et une bouteille de beaujolais par personne.

Il va sans dire que les 48 places ont été vendues en moins de 10 minutes et que de nombreux camarades se contenteront de fêter l'arrivée du beaujolais nouveau lors de la non moins traditionnelle soirée au café Le Germinal. Le bistrot en profite d'ailleurs pour rappeler que le rouge est non seulement la couleur du vin, mais aussi celle du sang et du socialisme.

Brandon peut être fier de lui, car la petite excursion a été un succès du début à la fin du voyage. La convivialité et la célèbre joyeuseté des habitants du borinage a de nouveau été démontrée et exportée. Tous les voyageurs sont rentrés fatigués mais très satisfaits de leur sortie annuelle. Tous ont plébiscité notre héros et ont déjà réservé leur place pour l'année prochaine.

Pourtant, tout ne fut pas facile pour notre apprenti G.O.¹ Le départ fut épique, à 18h15, la plupart des voyageurs étaient encore en train de vider leurs bières en faisant les adieux à leurs familles qu'ils avaient peur de ne jamais revoir. Mais lorsqu'ils ont vu le nombre de carapils dans les soutes, ils sont rentrés dans le car qui put finalement démarrer à 18h17.

À peine sortis de l'entité, ils savaient déjà qui paierait sa première tournée de vin. Et oui,... comme à son habitude Ghislain, dit vomito, a inauguré les nouveaux sacs à gerbe. Après les applaudissements de circonstance, il fit cul-sec avec une de ses canettes et tout était rentré dans l'ordre. Et c'est à coup de «Elle me l'avou toudis promis » que les joyeux lurons passèrent la frontière.

Vers 6H du matin, ils entrèrent dans leur Mecque du vin. Pile à l'heure pour attaquer le petit déjeuner vinifié aux raisins régionaux. Comme chaque année, c'est au bar P.M.U qu'ils furent accueillis avec leur bouteille tant espérée de la cuvée 2011. Seul, notre Ghislain dû rester dehors. Officiellement parce qu'il fumait.

Officieusement, tout le monde connaissait son surnom et il avait bien démontré chez les camarades français que son appellation contrôlée n'était pas usurpée. Mais le patron du bar se rappelait surtout de lui, parce qu'il avait essayé de trousser sa femme alors qu'elle s'était penchée pour ramasser le vomi... Et cela ne lui avait pas réellement plu, car il ne lui avait pas demandé la permission.

Après leur sustentation locale, ils attaquèrent la visite de la première cave, puis de la seconde, et ensuite tout se brouilla dans l'esprit de notre tour opérateur guindaillesque. Il se rappelle que petit à petit, l'autocar se remplissait de vin tandis que le groupe se dispersait. Des couples étranges se formaient aussi.

C'est un peu cela aussi les voyages: la découverte des autochtones, de leurs coutumes, de leurs mamelles. Tandis qu'il perdit son groupe, Brandon lui se retrouva au fond d'une cave entouré de gens tous nus. L'image d'après, il se voit en train de lécher les seins de la patronne du vignoble qui ressemblait furieusement à une de ses connaissances.

L'après trou noir fut particulier, car il s'est réveillé dans la cave, nu comme un ver en train d'embrasser une des participantes de son village: Léa, 74 ans, qui avait retiré son corset et son dentier. Plutôt que de se poser des questions embarrassantes, les jeunes amants décidèrent de boire le vin au tonneau avant de retrouver leur car du retour. L'odeur de vieille bientôt morte collait à la peau de Brandon.

Le démarrage fut beaucoup plus laborieux, car de nombreux voyageurs n'étaient pas à l'heure. La plupart d'entre eux arrivèrent dans la même fourgonnette bleue. Par chance, les policiers locaux aimaient reconduire les étrangers à la frontière et ils s'assurèrent que tout le monde était dans l'autocar vers la Belgique.

Le retour était très calme. De temps en temps, il était possible d'entendre quelques spasmes et hoquets de ceux qui avaient malencontreusement exagéré. Et pour continuer la fête, il y avait aussi Léa revivifiée qui montrait son minou en espérant que quelqu'un décide de l'honorer une nouvelle fois. Ses sourires mielleux adressés à Brandon en disaient long:

«Vivement le prochain voyage avec les Alcooliques Assoiffés de Warquignies»

¹Guindailleur Organisateur. Le terme G.O. n'a rien à voir avec celui de la marque au trident qui a déposé ce nom. L'auteur ne voulant pas de problèmes avec son ancien employeur rappelle que cette abréviation représente une fonction d'organisation de guindaille et non un faux sportif pseudo gentil qui essaie de se trouver une bourgeoise pleine de pognon.

Toues les aventures du héros sur la page Brandon, le Wallon

jeudi 17 novembre 2011

Les douleurs du temps.


Je me suis à nouveau réveillé en sursaut. Mes rêves m'emmenaient dans tes bras, et lors du retour à la réalité, ce n'était que douleur, déception et tristesse de ne pas te retrouver dans mon lit. Tu n'y seras plus jamais, et pourtant, mon inconscient m'offre encore des images de notre bonheur du fond de mes souvenirs.

Je me rappelle chacun de tes gestes, de tes sourires, de tes abandons au plaisir lors de nos étreintes. Je me souviens de chaque endroit où nous avons fait l'amour, de l'intensité de nos unions et de l'entente de nos cœurs qui ont toujours battu à l'unisson. Et la douleur de t'avoir perdu me rappelle à quel point je t'aime encore.

Le monde entier veut faire croire que le temps panse les blessures, mais mes cicatrices sont purulentes et ne pourront jamais se refermer. C'est une brûlure qui détruit mon âme et me rend amer. Je n'ai jamais pu te montrer à quel point je t'aimais, et je regrette péniblement tous ces mots que j'ai gardé au fond de moi.

Le temps n'apaise en rien. Celui-ci n'est qu'une mesure qui nous permet de voir défiler les années qui séparent la naissance de la mort. Une échelle qui permet de savoir où nous en sommes dans l'avancement de notre vie. Une norme qui définit le sablier de notre existence. Un moyen de nous rappeler nos erreurs, et de nous montrer que nous ne pourrons jamais les corriger. Une dague qui s'enfonce dans nos blessures en nous rappelant les douleurs infligées par le temps.

Je ne sais pas si tu penses encore à moi, et je ne veux pas le savoir. J'aimerais simplement pouvoir me dire que tu es heureuse loin de mes bras, et que tu as trouvé tout l'Amour que tu mérites, que ton cœur si grand a trouvé ce beau Prince que tu attendais depuis tellement longtemps. Prince que je n'ai pas pu être pour toi.

Je pense qu'au fond de moi, je savais que tu partirais, et que c'est la raison pour laquelle que je n'ai jamais voulu m'ouvrir à toi. Et tu m'as quitté. Sur la pointe des pieds, tu es sortie de ma vie de la même manière que tu y entrée : avec discrétion et finesse. Tout en enfouissant dans mon âme la marque impérissable d'un Amour profond et sincère.

Jamais, Ô grand jamais, je n'aurais pensé un seul jour que tous les sentiments que j'ai eu pour toi dureraient aussi longtemps, que je serais torturé pendant des mois, des années, des décennies, pour le reste de ma vie. L'amour est aveugle, dit-on souvent, mais cette fois, j'ai été aveugle devant l'Amour. Je n'ai pas voulu voir la chance que j'ai eue de te rencontrer, et pourtant, chaque jour, mes yeux s'ouvrent un peu plus sur la vérité du passé.

Lorsque je vois à quel point mon attachement pour toi ne s'est pas effiloché et l'intense déchirement qui en découle, le terrible tourment de souffrance qui m'envahit souvent, je ne peux que réfléchir à l'ironie de la situation, car je sais pertinemment que j'ai brisé de nombreuses idylles... Et avec toi, je me suis détruit en n'osant pas faire le pas que tu attendais tellement de moi: te parler de mon Amour pour toi.

Aujourd'hui, je suis en train de t'écrire une lettre que tu ne liras pas. Des mots inutiles, des phrases vaines qui n'ont de seul but que d'apaiser un peu le chagrin qui me ronge. C'est avec beaucoup d'amertume qu'il faut que je plonge dans la dérision, et me rendre compte que le séducteur que je suis, moi qui ai toujours eu du mal à donner l'exclusivité dans une relation : je n'ai jamais pu aimer aussi fort que je ne t'Aime, toi.

Une éternité après nos conversations, j'entends encore au fond de ta voix, l'attente d'un geste, d'une confirmation, d'une ébauche de réponse à la passion qui nous unissait. Lorsque tu m'en parlais, je balbutiais, je bégayais, je mentais. Jamais ces mots n'ont pu sortir de ma bouche, et pourtant, ils se bousculaient au fond de mon palais.

En ne te disant rien, je voulais te protéger. Mais à force de ne rien dire, de me cacher derrière le mur du silence, je t'ai laissée t'en aller, t'envoler vers d'autres horizons. Comme une délivrance, je t'ai vu déployer tes ailes et voguer vers ce que tu recherchais : la stabilité, la raison, la construction. Peut être que si à cet instant, je t'avais pris la main, tu serais restée.

Peut être que si à ce moment, je t'avais crié ce que j'avais au fond de mes tripes, tu aurais compris à quel point tu avais un amoureux auprès de toi. Si j'avais juste ouvert les yeux pour que tu puisses y plonger ton regard, tu aurais pu voir au fond de mon âme que tu es la plus belle femme au monde. Si à cet instant précis, tu t'étais retournée, tu aurais vu les larmes qui coulaient sur mes joues.

Mais je t'ai laissé partir, j'ai ouvert ma paume dans laquelle tu avais précieusement placé ton coeur, en me demandant de le protéger, de le faire battre quand il en avait besoin, de l'écouter chanter quand j'étais malheureux. Tu l'as repris avec toi, et ce jour, le mien s'est arrêté. Ce jour là, je me suis éteint, en silence. Depuis, je me retrouve avec mes balafres et mes lésions.

Aujourd'hui, je survis dans les douleurs du temps.

mardi 15 novembre 2011

Tertous debouts et découverts.


En marchant dans les rues de Louvain-la-Neuve, je me souviens de ma tendre jeunesse. Comme à l'époque, des calottés se baladent bras-dessus, bras-dessous tout en chantant des douces missives orgiaques. Il y a toujours ces traditionnelles chopes dans les mains, de l'entraide pour le camarade qui vomit ou encore le rappel à l'ordre pour faire moins de bruit.

En repassant dans ma ville étudiante, je ne peux m'empêcher d'aller faire un tour chez Denis des Halles, et vérifier que sa Primus est toujours aussi... édifiante. En rentrant dans la MDS, 20 ans après y avoir été baptisé¹, ce sont des énormes mouches qui nous accueillent avec des comitards en plein nettoyage de fin de quinzaine.

Cette odeur typique de lendemain de soirée me tire encore et toujours une larme de nostalgie. C'est cette relève brave et généreuse qui, de derrière le bar, s'excuse d'avoir un peu mal nettoyé les asticots du baptême et que donc les créatures volantes ont envahi les lieux. Aurais-je eu l'honneur de rencontrer Romu si le folklore estudiantin n'avait pas été transmis?

C'est en goûtant une bonne vieille pils à 1€ dans le bâtiment dans lequel j'ai subi « une longue suite de brimades plus pénibles les unes que les autres, destinées à nous soumettre les uns par rapport aux autres en m'humiliant le plus possible au vu de tous. Le but étant donc de me martyriser pour me rendre soit disant solidaire. »² que j'eus une pensée pour Laurent Louis.

Et oui, notre célèbrissime député Nivellois, désire que tous les baptêmes et autres bizutages soient interdits. J’extrapole certainement, mais je présume que la prison à vie en position de gueule en terre serait un moindre mal pour tout poil puant qui oserait hurler sur une jeune vierge chétive fraîchement sortie de sa rhétorique.

Mais où ce jeune homme a-t-il fait de ses études? Sait-il sincèrement à côté de quoi il est passé? Où alors, était-ce lui le fameux accidenté de l'humiliation? Était-ce lui, l'étudiant tombé de quatre étage enroulé dans un matelas qui a fini dans un tonneau d'acide? A la suite de quoi il a dû se faire recouvrir les brûlures avec de la crème d'orties...

Cette même crème spécialement et délicatement posée par la langue de Miss Malvira et ses verrues sur le nez. Alors, que justement celle-ci étant lesbienne et en voyant des noisettes poilues s'est mise à hurler et à demander la miséricorde de Dieu et de tous les saints tout en se flagellant avec sa ses fils barbelés qu'elle rangeait autour de sa cuisse?

C'est donc lui, cet étudiant brimé par des Poils qui à la vue de ce spectacle ont demandé à Mal "gouine" vira... de l'épiler avec des bandes enduites de cire chaude et arrachées à l'aide d'une pince électrique tout en ayant les lunettes faites de yeux de porc. Alors que lui était obligé de chanter le célèbre opéra de Tchaikovski avec à-fond de pénitence à chaque erreur?³

Ou alors, est-ce peut être l'infâme bleu ayant trouvé la mort à l'épreuve de la sorcière? En effet, après être passé par le tribunal et s'être fait guillopiné, il n'avait pas réussi à se défaire des 30 kilos de chaînes dans lesquelles il avait été emprisonné avant d'être jeté dans le lac de Louvain-la-Neuve alors que la clé était dans son anus. Il serait donc revenu sous forme de député pour se venger?³

J'ai eu plus de chance à mon baptême, j'ai appris le goût de choses que je n'ai jamais remis dans ma bouche depuis. J'ai rencontré des filles belles et... moins belles. Nous avons fêté, nous avons chanté, mais nous avons aussi galéré. Nous avons appris la solidarité, le travail et l'échec aussi. Mais dans la joyeuseté et la camarederie.

Plus sérieusement, je ne sais pas ce qu'aurait été ma vie si je n'avais pas été baptisé. Mon parrain de l'époque est devenu un ami de 20 ans. Nous sommes toujours en contact avec les comitards du chigé2, je joue au golf avec un copain de la BW ou je reste en contact avec des Centraliens. Et surtout, je revois beaucoup de monde au Lovaniensis Scientificus Ordo.

Pour quelques heures, je remets ma calotte, je revois mes amis. Nous ripaillons comme avant. Bien que je sois entièrement d'accord avec le commandeur Lélé qui dit que le folklore ne sert à rien, je ne voudrais pas qu'on me le retire. Chanter, danser, boire et puis rire depuis 20 ans. Ce n'est pas cela la vie?

Lorsque je repasse à la MDS et que je vois que ces jeunes étudiants transmettent ce même folklore qui m'a donné tant d'amis, de copains et qui m'a également permis de rencontrer l'Amour, je ne peux que leur souhaiter autant de plaisir que j'en ai eu. En me retournant sur ma vie, j'aurais regretté que quelqu'un m'empêche de faire cela, surtout que cela n'est pas obligatoire.

Pourtant, moi aussi, j'ai été humilié, ivre, rasé et tondu. Paradoxalement, ce n'était certainement pas pendant les épreuves de mon baptême que j'ai le plus souffert, non, c'était durant celles de la vie. Malheureusement, celles de la vie, ne vous ramènent pas autant d'amis. Vous les perdez plutôt petit à petit. Tandis que pendant le baptême, haaaaaa, le baptême... c'est l'inverse, vous en gagnez.

Alors, Monsieur Laurent Louis, non, il ne faut pas l'interdire. Je préférerais vous inviter à venir nous rejoindre. Non pas pour vous faire passer les épreuves, non, bien sûr. Juste à venir vous rafraîchir le gosier, et à venir écouter une guindaille, et nous entendre entonner de vibrantes chansons.

Camarades, camarades, camarades! Tertous debouts et découverts pour un vibrant...

¹L'auteur, qui est baptisé Chigé2 en octobre 91, a été délégué Mère-Casier et Café-Théâtre, et également vice-président.
³Une fois de plus, l'auteur se rend compte que ces situations totalement fugaces et complètements dramatiques ne sont que les reflets profondément débiles sorties d'un esprit dérangé. Le saltimbanque que je suis n'a pas pu s'empêcher de mettre le député en scène. Il espère également Monsieur Laurent Louis aura de l'humour et de la pitié pour les bouffons ou qu'en cas de procès Monsieur le Juge sera un ancien baptisé.

samedi 12 novembre 2011

L'armistice de Brandon.


C'est un Brandon patriotique que j'ai eu ce matin au bout du fil. En tant que militant engagé, il a toujours aimé les défilés. Alors quand il doit, en plus, se balader fièrement en la mémoire de tous les soldats tombés pour leurs différentes patries, il est prêt à tous les sacrifices. Même celui de se lever tôt, pour une fois.

Comme chaque onze novembre, il arriva vers 7h30 au Germinal, afin de retrouver les combattants de toutes les causes et d'avoir l'immense privilège de partager une petite bière avec eux. C'est un devoir de commémoration qu'il ne rate jamais. Évidemment, il est trop jeune pour comprendre la guerre, mais il se sent soldat dans l'âme.

Les discussions furent pointues et techniques. Le goût de l'Histoire avec un grand H transcendait Brandon qui regretta presque de ne pas être né un siècle plus tôt. Lorsque le Doc cita Malraux, Littel, Malherbe ou encore Saint-Exupéry, lui répliqua avec des Call of Duty, Battlefield ou Counter Strike. Après quelques bières, il savait même expliquer la vie dans les tranchées.

Car ce qu'il aime aussi dans cette période automnale, c'est l'arrivée des bières de noël au fût. Cela lui ouvre l'imagination pour parler de la guerre et de se donner du cœur au ventre pour son combat pour le socialisme. Après trois St-Feuillien et six Bush de Noël, son lyrisme légendaire tint son auditoire dévoué en haleine houblonneuse.

Il fallait le voir se lever sur son tabouret et expliquer le difficile calvaire des poilus. Il fallait l'entendre réciter la vie des résistants sous l'occupant. Sans oublier sa traditionnelle larme qui roulait sur sa joue gauche lorsqu'il relata les guerres syndicales contre le Grand Patronat. Il n'avait toujours pas compris le rôle de Jaurès, mais il savait que c'était un héros, son héros.

Une des choses les plus importantes à ses yeux, lors de ces jours fériés, c'est l'entente intergénérationnelle. Aussi, c'est en famille qu'ils vinrent au cabaret. Avec son ex femme, sa compagne, ses parents, et tous ses enfants, reconnus ou non. C'est ainsi que Ronaldo, Igor, Grichka et Hélène firent la connaissance du tavernier et de l'Amicale des Anciens Combattants.

Comme l'aîné va sur ses cinq ans, lui aussi a eu droit à une lampée de Moinette. Après quelques gorgées volées à sa maman, ses yeux ressemblèrent furieusement à ceux de son père, il n'y avait pas de doute sur la paternité. D'ailleurs, dès que la petite Hélène commença à pleurer, il lui mit 3 gifles, comme son tendre papa fait à la maison. La relève est assurée.

En voyant son fils s'occuper aussi dignement de sa demi-soeur, une énorme fierté lui a gonflé le cœur. Et c'est ainsi que Brandon décida de dévoiler la surprise pour toute la famille. Alors que toute la classe politique et les vétérans étaient sortis vers l'hôtel de ville pour écouter la Brabançonne, il annonça qu'il était temps que ses enfants découvrent un nouveau moyen de gagner de l'argent.

En effet, en ce 11.11.11, la chance leur souriait. C'est avec la bouche bée et les yeux vitreux que tous l'écoutèrent expliquer les règles du Bingo à sa progéniture. En ce jour spécial, leurs petites mains innocentes allaient lui porter chance. Jessica tenta bien de s'interposer et de lui rappeler que la moitié de son chômage passe dans ce jeu stupide, mais rien n'y fit.

Les enfants étaient déjà en train de scruter la machine qui allait les rendre riches. C'est Igor qui prit le billet de 50€ dans le sac de sa maman pour le glisser dans l'automate. Il était 11h11, et la boule devait tomber dans le 11 pour payer sur la carte 1, 4 et 6. Au moment, où elle a tourné autour du trou miraculeux, Ronaldo tapa un grand coup sur le côté, et la boule finit sa course dans le 11.

Seulement, le tilt raisonna. Presque aussi rapide que l'éclair, Brandon lui décocha une taloche qui lui fit perdre sa dent de lait fraîchement poussée. Heureusement Jessica ne le vit pas étant donné qu'elle était en train de se faire inviter à prendre un ravini par Coco, dit l'Anaconda. 

Ayant déjà tâté le reptile, elle connaissait très bien l'origine du surnom, et elle s'imaginait déjà en dresseuse de serpent. Elle se rapprocha de lui, sournoisement, pour trinquer et posa distraitement la main sur sa braguette pour s'assurer que l'animal était toujours bien vivant.

Comme c'était son jour de gloire, Brandon tenta de forcer sa chance avec les derniers euros qu'Hélène trouva dans le sac de sa mère Après avoir laissé plus de 100 euros dans la machine, et au moins autant au bar, toute se famille avait disparu. Seule Jess était encore au bar et semblait très proche du vicieux serpent.

Lorsqu'il prit des nouvelles de ses enfants, elle lui rétorqua que «s'tin pauf pia d'mé couilles » et qu'heureusement sa sœur à elle était sympa. Elle les avaient ramené à la maison après que Ronaldo eut fait cul sec avec une Chimay posée devant lui pour rire. Elle le traita encore de «boyard» et d'autres joyeusetés.

Le barman dût intervenir physiquement lorsqu'elle le traita de «cornard» et qu'elle décréta que dorénavant elle habiterait avec l'homme au gros tuyau. Tout faillit basculer, mais ce dernier voulait simplement tremper son épais chicon, pas plus. Aussi, il proposa de sceller la paix dans une partie fine à trois. Les yeux pleins de Joie, ils partirent se pervertir bras dessus, bras dessous.

Brandon sait aussi négocier un armistice.

Brandon a été désigné pour organiser le pèlerinage en beaujolais: Le voyage de brandon

vendredi 11 novembre 2011

Banks attack.


Il est intéressant de constater que ce sont maintenant des banquiers qui viennent sauver les pays mis en difficultés par eux-mêmes. Mais le point le plus cynique, c'est qu'ils ont réussi à faire croire au peuple qu'ils sont là pour son bien. Le diktat de l'argent prend la main, et personne, ne bouge. C'est magnifique.

À part quelques mouvements pacifistes comme les indignés ou le G1000, il n'y a aucune réaction solidaire face au trust de la démocratie faite par les vautours et autres charognards. Ce n'est plus seulement la Commission Européenne qui est à la solde des grands argentiers, ce sont des pays entiers. Dans l'indifférence générale...

Tout le monde a suivi que Mario Draghi le président de la Banque Centrale Européenne est aussi ex vice-président de Goldman Sachs. Que Lucas Papademos, le nouveau premier minstre Grec est l'ancien vice président de la Banque Centrale Européenne. Ou encore que Mario Monti, le probable futur premier ministre italien est un ancien conseiller Goldman Sachs.

Il n'y a aucun doute que les plans de rigueur passeront sans aucune opposition. Ce qui est splendide, c'est que les gens à la solde des capitalistes purs et durs ne doivent même plus s'en cacher. C'est devenu normal d'avoir des leaders à la botte de l'Argent. L'opinion publique est soumise, asservie.

Au fait, qui se rappelle de José Socrates ou de Brian Cowen? Ce sont les anciens premiers ministres portugais et grecs. Ils ont sauté à cause de la pression mise par les banques et l'Europe sur leurs pays. Malgré tout, les plans de sauvetage ont été mis en marche. Le fait que la majorité ait basculé après les élections n'a rien changé à la situation.

Dans déjà quatre pays sur dix-sept que compte l'Eurozone le travail de fond antisocial est voté et appliqué. Les marchés ont destitué les leaders sans que cela ne choque personne. Je présume que Zapateros ne fera pas long feu et que d'autres pays suivront. La Belgique vient de recevoir un avertissement ce matin.

Mais également Malte et Chypre. Ce qui fait déjà huit membres de la zone concernée. La France vient d'instaurer son plan à elle. Sarkozy passera-t-il le cap de 2012? Lui même ne le sait pas, et pourtant, il a imposé la vision ultra-libérale des capitalistes. Quels sont les moyens pour arrêter cela, lorsque les hommes politiques n'ont plus le choix?

Nous en sommes dans une situation où le fait de ne pas écouter la lois des spéculateurs coûte la place des chefs d'État. C'est non seulement aberrant, mais c'est surtout irresponsable. Les objectifs d'une Nation ne peuvent pas concorder avec celles du secteur privé. Cela n'est tout simplement pas possible.

L'État doit être là pour défendre ses citoyens, assurer la stabilité sociale, maintenir l'ordre et la paix et garantir une existence de qualité à ses contribuables. Le secteur financier a pour but unique de gagner de l'argent et de s'enrichir. Ces vues ne sont absolument pas compatibles. Ce n'est pas l'économie qui doit faire l'État, mais bien l'État qui doit réguler l'économie.

Il est très important de s'attaquer aux dettes souveraines, mais pas de manière à ce que cela profite uniquement au système bancaire. Que l'argent fasse tourner le monde, c'est une chose, mais que celui-ci contraigne les choix politiques, c'est une chose que le peuple n'a pas le droit de laisser faire. Il est temps de dire que cela suffit. Il est temps de changer de direction.

Malheureusement, cela devient un choix politique en soi-même: oser ouvrir la boîte de pandore qu'est la directive 123 du traité de Lisbonne¹ et ne plus laisser aux seuls banquiers la responsabilité de la création de la monnaie. Ce n'est plus aux prêteurs de creuser la dette qui les enrichit, ce n'est plus à l'Europe de décider de mener les différents États vers le gouffre.

Mais quels seront le ou les leaders qui risqueront de se lever contre la dictature mise en place par les banksters? Qui sera le Roberta Lavagna européen? Quel sera le premier pays qui s'aventurera à quitter l'Eurozone? Qui seront les indignés qui réussiront à faire plier leur gouvernement? Quels citoyens parviendront à faire entendre leurs voix?

Pour le moment, tout n'est que silence assourdissant.


jeudi 10 novembre 2011

Eurodestruction.


Dans la version électronique du Soir du 10 novembre 2011, José Manuel Barroso annonce que «Tous les pays de l'UE devraient adopter l'Euro». Une fois de plus, le leader européen veut détruire l'ensemble de l'économie des pays et les mettre à la solde des banquiers. Est-ce qu'il se rend compte que les citoyens voient dans son jeu?

Le problème de la monnaie unique, c'est qu'elle n'est pas gérée par les États, mais par les banques. Au lieu d'être régulée par des entités citoyennes, elle l'est par des compagnies dont le but est de faire des bénéfices (plantureux si possible). Est-ce que c'est cela la fameuse Europe solidaire dont monsieur Barroso ose nous parler?

Tous les problèmes des dettes souveraines proviennent des mesures catastrophiques venant de directives européennes supra-nationales. Grâce à l'Europe et à l'article 123 du traité de Lisbonne¹, la Banque Centrale d'un État n'a plus le droit de lui prêter de l'argent². En gros, la planche à billet ne peut plus fonctionner.

Cela veut dire que la souveraineté du dit État sur les banques est jetée à la poubelle. Ce ne sont plus les élites des fonctionnaires qui créent et régulent la monnaie pour le bien du Pays et donc de son peuple, mais les banques qui abusent de la création monétaire par le crédit octroyé aux... États. Tout cela avec la bénédiction de la Communauté Européenne.

Cela a été démontré que dans ce système, les grands gagnants sont les financiers et les banquiers. Cela a été prouvé que cette martingale permet aux argentiers privés de ruiner les pays et de les enfoncer dans la spirale de la dette souveraine. La crise actuelle que le continent traverse est dû à cette doctrine. C'est clair, limpide, simplissime.

Et que proposent Barroso & Co? D'enclencher la vitesse supérieure, mais pour cela il faut plus de passagers dans le train pour l'enfer. Ce n'est plus de l'idéalisme qui lui font prononcer ces mots, mais bien de la soumission à l'argent. Il veut que les États soient encore plus esclaves des institutions financières.

Une fois de plus, les édiles sont étrangement sourds aux cris de la rue. Comme si les indignés avaient complètement tort tandis que eux, les élus ont capitalement raison. Heureusement, le lavage de cerveau n'a pas fonctionné sur tout le monde, il y a encore de nombreuses personnes pour dénoncer les choix imbéciles de la Commission Européenne.

Ce n'est pas plus de pays, dans le sens quantité, qu'il faut dans l'Euro, mais plus d'État dans le sens d'ingérence. Il faut que la monnaie soit à nouveau mise en circulation par les Nations. Il faut que les grandes têtes pensantes se rendent compte que les habitants du vieux continent refusent le modèle inégalitaire copié sur les américains.

Les irresponsables ne veulent pas écouter les milliers d'hommes et de femmes qui défilent dans les rues, qui se rassemblent pacifiquement dans toutes les grandes capitales, et c'est cela qui risque de détruire le projet européen. Aujourd'hui, ils veulent nous faire croire que c'est ou bien leur Europe ou bien pas d'Europe. C'est absolument faux.

L'Europe est composée de différentes mentalités, de différentes langues, de différentes cultures, mais c'est justement là que réside sa force. Vouloir coûte que coûte l'unifier derrière un capitalisme extrême est non seulement barbare, mais par dessus tout dévastateur.

À chaque nouvel appel, monsieur Barroso démontre qu'il veut enclencher l'euro-destruction. Plutôt que d'écouter ses amis richissimes, il devrait simplement ouvrir ses yeux à la réalité sociale et aux dégâts déjà causés par la politique d'intégration économique qui a engendré le chaos actuel.

Le capitaine de l'Union affiche la même arrogance que celui du Titanic par une belle nuit claire. Il est tellement persuadé que l' Europe est insubmersible qu'il va finir par la couler par 4000m de fond. Évidemment, il peut toujours demander à l'orchestre des médias de jouer.

Espérons qu'il y ait suffisamment de canots de sauvetage...


² Sur le blog de Nicolas Jégou: Comprendre la dette publique (en quelques minutes)

mercredi 9 novembre 2011

Démocratie violée.


«Démission de Berlusconi», «la fin du Cavaliere», etc... Ce matin, les gros titres annoncent la fin de règne du leader italien avec fracas. C'est un peu le monde des médias qui se débarrasse d'un de ses plus grands défenseurs. Le richissime propriétaire se fait lyncher par ses propres salariés. Ce déchaînement permet de cacher le principal: une injure à la démocratie.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit: un coup de poignard à nos libertés fondamentales du choix de nos élus. Et il n'y a personne pour se lever contre cette atteinte des marchés financiers qui attaquent le monde politique. La guerre économique est bien plus importante que ce que la pensée unique veut bien nous faire croire.

Ce n'est pas le séducteur des prostituées mineures qui est déboulonné, mais le chef de gouvernement d'un pays du G8. Se réjouir de la chute du trublion, c'est surtout fermer les yeux sur la dictature de l'argent. Comment est-ce possible que ce soient les obscurs investisseurs qui aient le droit de choisir les dirigeants, nos dirigeants?

Ce n'est pas un problème qu'il ait été élu malgré ses frasques et ces petites phrases historiques. Cela aurait été un juste retour s'il s'était fait jeter de la vie politique par la voix des urnes. Ce qui est terrible, c'est qu'il se soit fait limoger par les grands argentiers. Et ce qui est encore plus grave, c'est que cela ne choque pas l'opinion publique.

Comme si le fait d'être libertin et grossier pouvait donner les pleins pouvoirs à des traders sans foi ni loi cachés derrière leurs écrans. Comme si le fait de se faire turluter par une petite donzelle puisse autoriser à livrer son pays aux mains des banquiers. Comme si le bunga-bunga concédait la défaite de la Vox Populi.

Dorénavant, après une décote de Moodies ou une attaque en règle contre l'Euro, les hommes politiques devront démissionner. Maintenant, ce sont les bourses qui tiennent les parlementaires par les couilles. Comment peut-on laisser faire cela? Quelle débilitude peut atteindre les journalistes pour ne même pas relever cette invraisemblance?

En novembre 2011, il est possible de jeter un élu du peuple parce qu'il refuse de faire passer des réformes obligatoires... Réformes créées pour donner plus d'argent à l'argent. À ce jour, un président de pays qui veut freiner le capitalisme sauvage peut être remercié par ces mêmes brutes. Cela veut dire qu’inexorablement, la loi du marché sera la base des Lois.

Petit à petit, les électeurs pourront choisir entre la droite, l'utra-droite ou l'extrême droite. Le communisme, le socialisme seront sacrifiés sur l'autel de la monnaie unique. Les chômeurs seront mis au ban de la société qui bénira les délocalisations forcées. Les pauvres seront montrés du doigt pour ne pas avoir été capables d'aider les riches.

Bientôt, il ne sera même plus réalisable de voter pour un visionnaire qui voudra aller à contre-courant. Car lui aussi sera emporté par la catastrophe imminente prônée par les décideurs. Qui oserait encore se lever contre la rigueur, l'austérité, la crise? Qui resterait en place avec un programme de refus du modèle ricain?

Parce qu'il ne faut pas se leurrer, si même une personne monstrueusement fortunée comme Berlusconi arrive à se faire jeter par ses propres amis, il est peu probable qu'un François Hollande ou encore un Elio di Rupo fasse long feu. Même le système mis en place par Silvio & Co n'était pas assez à droite. Jusque quand le peuple européen se laissera faire?

Il ne faut vraiment pas se réjouir de la déchéance du Cavaliere. Cet homme contrôle l'ensemble des médias de la péninsule, il est milliardaire, il est le président du conseil à la plus longue longévité, et malgré tout, les fameux marchés ont décidé qu'il était temps de mettre un terme à sa carrière. Les marchés, oui, le fric, le pognon, le flouze.

Ces mêmes marchés qui ne veulent que plus de pouvoir et plus d'argent. Ces salles de changes qui se foutent des pauvres ou des clodos. Ces déclencheurs de guerre ou de famines ou nom du pétrole ou des diamants. Ces fins stratèges qui sont en train de torturer mesdemoiselles Démocratie, Justice et Liberté, de les violer sadiquement jusqu'à ce qu'elles crèvent...

sous les yeux du Peuple qui s'en félicite.



Et on démarre une autre histoire....

Une page se tourne aujourd'hui avec la fin de mon blog en cet endroit. En effet, j'ai décidé de ne plus l'alimenter à cette adr...